15,2 milliards d’euros de prêts immobiliers ont été accordés en mars 2025. Jamais le marché français n’avait connu un tel rebond sur un an. Ce chiffre n’est pas une anomalie statistique, mais le signe d’une recomposition profonde. Certaines banques adaptent désormais leurs barèmes selon la région, l’emploi ou la situation familiale, tandis que d’autres jouent la carte de l’uniformité, quitte à prendre quelques risques calculés.
D’un trimestre à l’autre, accéder à un crédit immobilier ressemble à une nouvelle partie de poker. L’écart entre établissements se creuse, les critères changent. Les ménages avec un apport solide gardent la main pour négocier, tandis que les profils moins classiques, indépendants, familles nombreuses, intérimaires, se voient imposer des taux majorés. Les tendances pour juin 2025 annoncent déjà de nouveaux arbitrages de la part des banques et des acheteurs.
Panorama des taux immobiliers en juin 2025 : où en est le marché ?
Le crédit immobilier français traverse une phase de rééquilibrage. Après la hausse continue des taux immobiliers sur 2022 et 2023, le mouvement s’est inversé. L’intervention de la Banque centrale européenne, plus souple depuis le printemps 2024, a relancé la machine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les taux moyens atteignent 2,87 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,09 % sur 25 ans (CAFPI, Observatoire Crédit Logement/CSA). De quoi redonner du souffle au pouvoir d’achat immobilier et raviver la demande, notamment sur le marché immobilier résidentiel.
Résultat immédiat : le nombre de crédits accordés bondit. +71 % en mars 2025 comparé à l’année précédente : la reprise est nette. Les banques commerciales desserrent légèrement l’étau, mais gardent leur vigilance. Les meilleurs profils, apport élevé, CDI, stabilité, décrochent les conditions les plus attractives. Pourtant, les écarts régionaux et les différences entre projets (achat, investissement locatif, rachat de prêt) persistent, comme le relèvent les courtiers spécialisés tels que Pretto.
Du côté des prix de l’immobilier, le calme prévaut. Paris et la Côte d’Azur connaissent quelques hausses, mais la majorité des agglomérations voient leurs prix stagner, voire reculer légèrement. Cette absence de flambée générale ne freine pas la dynamique : la reprise du crédit immobilier donne un second souffle aux transactions et à l’activité des professionnels du secteur.
Quels facteurs expliquent l’évolution des taux cette année ?
L’évolution des taux pour juin 2025 s’ancre d’abord dans la stratégie de la BCE. Après avoir relevé ses taux pour contenir l’inflation en 2022 et 2023, Francfort infléchit sa position dès 2024 : plusieurs baisses ont été décidées, l’objectif étant de stimuler une croissance économique en panne. Conséquence directe : les conditions pour se financer s’améliorent, notamment pour le crédit immobilier, qui n’avait pas connu pareille détente depuis cinq ans.
L’inflation persiste, mais la BCE cherche l’équilibre : soutenir l’activité sans relancer une spirale haussière des prix. Les banques françaises profitent d’un moindre risque de taux pour adoucir leurs critères, du moins pour les clients présentant un dossier solide. Mais la prudence s’impose, car l’actualité géopolitique et les secousses des marchés internationaux pourraient bouleverser la donne à tout moment.
Plusieurs éléments complètent ce tableau : voici les principaux déterminants à surveiller.
- Réglementation prudentielle : le cadre dicté par Bâle III et le HCSF limite les prises de risque et encadre la distribution de crédits.
- Tensions géopolitiques : chaque crise en Ukraine, au Proche-Orient ou en mer de Chine déstabilise les marchés et influe sur les taux indirectement.
- Perspectives de croissance : la santé de l’économie en zone euro oriente l’appétit des banques pour prêter et leur politique de marge sur le crédit immobilier.
En croisant ces paramètres, on comprend la complexité de la période. Investisseurs comme particuliers doivent s’adapter à un environnement mouvant : la BCE reste le chef d’orchestre, mais la partition dépend aussi de multiples facteurs extérieurs.
Profils gagnants : qui peut profiter des meilleures conditions en 2025 ?
En juin 2025, certains acteurs sortent clairement du lot sur le marché du crédit immobilier. Les primo-accédants bénéficient d’un atout de taille : le PTZ élargi depuis avril leur permet de financer jusqu’à 40 % du coût d’acquisition sans intérêts. Dans un contexte où le taux moyen sur 20 ans s’établit à 3 %, cette aide redonne de l’élan aux projets d’achat, notamment dans les villes moyennes et grandes métropoles.
Les secundo-accédants profitent aussi de la donne : vendre dans une zone sous tension, puis acheter dans une région où les prix ont davantage baissé, offre l’opportunité de reconfigurer son patrimoine et d’optimiser son reste à vivre.
Pour les emprunteurs au profil rassurant, revenu stable, apport personnel conséquent, endettement maîtrisé,, les banques commerciales réservent les meilleures conditions : taux plus bas, parfois des marges de négociation sur l’assurance emprunteur. Le HCSF demeure toutefois vigilant : au-delà de 35 % de taux d’endettement ou de 25 ans de durée, l’accès au crédit se corse.
Les investisseurs locatifs observent attentivement les zones dynamiques où le volume des transactions reste élevé. L’ancien offre des rendements attractifs, la baisse des taux d’emprunt rehausse la rentabilité. Ici, l’accompagnement par un courtier immobilier se révèle souvent décisif : montage de dossier, chasse aux meilleures offres, négociation sur la durée ou la modularité du contrat. C’est parfois ce soutien qui transforme une bonne fenêtre de tir en succès tangible.
Comparaisons, conseils pratiques et perspectives pour 2026
En juin 2025, le crédit immobilier affiche un taux moyen de 2,87 % sur 15 ans, 3,00 % sur 20 ans et 3,09 % sur 25 ans. Ce reflux, impulsé par la politique monétaire accommodante de la BCE, rebat toutes les cartes pour les investisseurs et les ménages. Le pouvoir d’achat immobilier se renforce, la production de crédits s’envole : +71 % sur un an, d’après l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Les banques commerciales retrouvent leur dynamisme, les acheteurs reprennent la main. Par rapport à 2023, le contraste est saisissant : le marché se libère, les ambitions renaissent.
Mais la stabilité des prix de l’immobilier masque des réalités contrastées selon les territoires. Pour naviguer dans ce contexte, certaines stratégies s’imposent.
- Consolidez votre apport personnel : un effort supplémentaire ouvre la porte aux offres les plus attractives.
- Négociez chaque ligne de votre assurance emprunteur : l’économie réalisée sur vingt ou vingt-cinq ans reste substantielle.
- Faites-vous accompagner par un courtier immobilier : optimisation du dossier, identification des meilleures conditions, soutien face à la vigilance accrue du HCSF.
Pour 2026, l’incertitude domine. L’inflation, la trajectoire des taux directeurs, la situation internationale : tout reste à surveiller. Selon les analystes, la décrue des taux pourrait toucher son point bas. Mieux vaut anticiper, arbitrer avec discernement entre achat immobilier et placements alternatifs. Chaque choix comportera désormais sa part d’inconnue et d’agilité à cultiver.
Le marché a retrouvé de la vigueur, mais personne ne sait combien de temps la fenêtre restera ouverte. Investir ou patienter ? Chacun devra lire la partition à sa façon, sans perdre de vue que l’essentiel se joue souvent dans le bon timing.


